Je suis un chien de garde, mais de garde rapprochée, c'est à dire que là où "ils" sont, je suis. En particulier, vautré sur le canapé.
En fonction des saisons, et donc de la durée de la luminosité, les maîtres sortent leurs compagnons à 4 pattes à des heures différentes.
Le premier avantage, c'est qu'on peut faire de nouvelles connaissances.


Je ne suis pas d'un naturel farouche, ça me direz-vous, c'est une litote;
et bien, il m'arrive parfois d'avoir peur de certaines copines.
La première fois que j'ai rencontré Diva, ça allait ;
elle faisait son élégante et nous avons pu flirter gentiment.
Je commence toujours par
faire la danse nuptiale du paon, mais évidemment mon trognon de queue est un peu juste pour rivaliser avec la roue du galliforme.
J'essaye ensuite de me rattraper par les pas de danse, mais comme c'est le "papa" qui me les a appris, je sens bien qu'il me manque quelque chose.
Alors le plus simple, puisqu'on est à Marseille, c'est d'appliquer la devise de l'OM:
"Droit au but".
Mais avec Diva, c'est le contraire qui s'est passé.
Diva, c'est une toute jeune beauceronne de 7 mois, aussi grande que moi.
Maintenant, dès qu'elle me voit, elle me fonce dessus, me bouscule, me léchougne , et le comble, c'est qu'elle se permet de mettre sa tête sur mon encolure, type femelle dominante.
Les femelles dominantes qui pensent que, parce qu'elles sont belles, tout leur est dû, ça m'énerve, d'autant plus que ma religion m'interdit tout combat avec l'autre sexe.
Aussi, dès que je la voie, je fais demi-tour, mais c'est souvent trop tard.


Avec la belle Bimbo, une petite labrador, c'est quand même plus cool.
Le rituel commence par un jeu avec mon maître: Il veut faire voir que je suis bien élevé et commence par un impératif "Assis" qui a pour
effet immédiat de faire asseoir Bimbo, au grand dam du papa; à chaque fois, ça fait rigoler la maîtresse de Bimbo.

Pour que mon maître ne soit pas ridicule, je m'assois à mon tour. J'adore les bisous de Bimbo, comme vous pouvez le voir, c'est tout en douceur.
Mais je crois que ce qu'elle aime par-dessus tout, c'est sa maîtresse, au moindre regard, elle s'assoit et attend l'ordre de continuer leur promenade.
C'est bien d'avoir des copines de toutes les races, mais ce n'est pas toujours facile de communiquer quand on ne parle pas la même langue. Les
aboiements sont différents, sans même aborder les accents locaux.

Aussi le pied, ou plutôt, les pattes, c'est de tomber sur une vraie collègue, comme Pom la bordelaise, boxer.
J'aime bien sa maturité et son calme. Malgré son âge, elle me fait tirer la langue, car elle court vite.

Nos maîtres respectifs sont contents, ça leur permet de tailler une bavette, pendant que nous faisons de l'exercice.
En tout je me suis fait une bonne dizaine de copines, mais le plus dur c'est de convaincre le papa de les inviter toutes à la maison pour mon
anniversaire. Il a dit non, mais comme j'étais triste, il m'adit qu'il avait enfin trouvé le jouet indestructible d'intérieur, et que si j'étais sage, je l'aurais bientôt.
En attendant, chaque jour je vais retrouver mon jouet indestructible d'extérieur.
Bien que le "petit champ" à côté de la maison soit une propriété privée, on est venu le casser mon beau bâton.

Enfin je me console en prenant tantôt le petit bout de 50 cm ou le grand qui maintenant ne fait plus que 3m.

S'il rétrécit encore je vais pouvoir le ramener à la maison.
Mais faudra que je fasse ça discrètement.